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Le syndrome des ovaires polykystiques SOPK (SMOP) - Symptômes et traitement

1 femme sur 10 est touchée par le syndrome des ovaires polykystiques. Pourtant, beaucoup l'ignorent pendant des années. Cycles irréguliers, acné persistante, difficultés à tomber enceinte… les symptômes du SOPK sont nombreux et souvent mal interprétés. Alors comment reconnaître le SOPK ? Comment le diagnostiquer ? Et surtout, comment le traiter ? Mademoiselle fait le point.


Qu'est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

 

Le SOPK, c'est un trouble hormonal chronique qui affecte le fonctionnement des ovaires. Concrètement, les ovaires produisent des follicules qui ne parviennent pas à maturer correctement. Résultat ? Pas d'ovulation, ou une ovulation très irrégulière. C'est aujourd'hui le trouble endocrinien le plus fréquent chez les femmes en âge de procréer, avec 1 femme sur 10 concernée.

 

💡 Bon à savoir : depuis le 12 mai 2026, le SOPK devient le SMOP pour syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Cette nouvelle dénomination englobe davantage les dimensions métaboliques, hormonales et cardiovasculaires. Et ça supprime la confusion avec le kyste. 

 

Les causes du syndrome des ovaires polykystiques

 

On ne connaît pas encore de cause unique du SOPK. Mais trois mécanismes reviennent systématiquement :

  • L'insulinorésistance : le corps produit trop d'insuline pour compenser une mauvaise réponse des cellules. Cet excès stimule les ovaires, qui sécrètent alors trop d'androgènes. C'est la cause principale, puisque 65 à 75 % des femmes souffrant de SOPK présenteraient une insulinorésistance. 
  • L'hyperandrogénie : ce surplus d'androgènes perturbe la maturation des follicules et bloque l'ovulation.
  • Un dérèglement de l'axe hypothalamo-hypophysaire : le cerveau envoie des signaux déséquilibrés aux ovaires, ce qui amplifie le trouble hormonal.

Des facteurs génétiques jouent aussi un rôle. Si votre mère ou votre sœur souffre du SOPK, votre risque d'en être atteinte est plus élevé.

 

Les différents types du SOPK

 

Le SOPK ne se manifeste pas de la même façon pour toutes. Selon les critères de Rotterdam (le consensus médical de référence) on distingue quatre phénotypes. 

Phénotype Critères présents Caractéristiques
A HA + troubles ovulatoires + PCOM Forme la plus fréquente et la plus marquée
B HA + troubles ovulatoires Sans polykystose visible à l'échographie
C HA + PCOM Ovulation conservée
D Troubles ovulatoires + PCOM Sans excès d'androgènes

 

Le phénotype A est le sous-type le plus fréquent et le plus sévère. Ce qui explique pourquoi les symptômes peuvent être très différents d'une femme à l'autre, même avec le même diagnostic.

💡 Bon à savoir : Certains praticiens, notamment en médecine fonctionnelle, préfèrent classer le SOPK selon sa cause principale plutôt que ses symptômes. On parle alors de : 

  • SOPK résistant à l'insuline,
  • SOPK post-pilule (temporaire, après arrêt d'une contraception hormonale),
  • SOPK inflammatoire (lié à une inflammation chronique)
  • SOPK surrénalien (lié à un excès de DHEAS - androgène).

Cette approche n'est pas un consensus médical officiel, mais elle peut aider à mieux orienter la prise en charge.

 

Quels sont les symptômes du SOPK ? 


Le syndrome des ovaires polykystiques est dû à un dérèglement hormonal. Ce qui se caractérise par une multitude de symptômes vécus plus ou moins différemment selon les femmes. Voici les principaux : 


Des troubles ovulatoires 


Le SOPK affecte l’ovulation des femmes ; soit elles n’ovulent pas du tout, soit elles ovulent rarement. Cette rareté ou cette absence d’ovulation impacte directement le cycle menstruel. En cas d’ovulation, le cycle sera souvent très long (plus de 35 jours). Et à défaut d’ovulation, il est inexistant, ce qui se traduit par une absence de règles. Cela dit, même si vos menstruations sont assez rares, mieux vaut être équipée d’une protection hygiénique efficace et confortable. C’est justement possible avec la culotte menstruelle. 

 

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💡 Bon à savoir : le syndrome des ovaires polykystiques a été découvert dans les années 30. À cette époque, les médecins pensaient que les ovaires affectés étaient des kystes. En réalité, il s’agit d’une de follicules au développement inachevé. Malgré son nom, les femmes atteintes de SOPK ne souffrent donc d’aucun kyste. 


L’infertilité 


Au-delà des règles, l’absence d’ovulation affecte la fertilité des femmes. En effet, le SOPK est la première cause d’infertilité féminine, puisque la moitié des femmes souffrant de cette pathologie ne sont pas fertiles. D’ailleurs, c’est souvent cette infertilité qui leur permet de connaître l'existence du syndrome des ovaires polykystiques.  En effet, de nombreuses femmes prennent rendez-vous chez le médecin pour comprendre les causes de leur difficulté à tomber enceinte. À cette occasion, elles découvrent la présence de cette maladie. 

Par celles qui tombent enceintes, le SOPK peut également provoquer plusieurs complications, telles qu’un accouchement prématuré, un diabète gestationnel ou une pré-éclampsie. 


L’hyperandrogénie


Le SOPK se caractérise par une production excessive d’androgènes. Et plus précisément, de testostérones. Il convient de rappeler que toutes les femmes produisent de la testostérone (ce n’est pas forcément réservé aux hommes). Mais en petite quantité. À l’inverse, celles qui souffrent du SOPK en sécrètent plus que la normale. Et cela provoque plusieurs effets secondaires, tels que : 

  • Une hyperpilosité : avec même un hirsutisme pour 70 % des femmes. C’est-à-dire un excès de poils au niveau du visage (notamment les lèvres supérieures et le menton), de la poitrine, du dos, ou encore des fesses. 
  • Des problèmes cutanés : la peau est souvent grasse et acnéique. Les femmes souffrant de SOPK souffrent alors d’acné au cours de leurs adolescentes et à l’âge adulte. 
  • L’alopécie : il s’agit de chute de cheveux sur le sommet du crâne. 


La prise de poids 

 

Les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques sont souvent en surpoids. Elles ont tendance à prendre du poids facilement et rencontrent des difficultés à maigrir. Cela est lié à l’hypersécrétion d'androgènes qui favorise l'insulinorésistance. Autrement dit, l’insuline est peu active. Ce qui peut également causer un diabète de type 2 ou un problème de foie gras non alcoolique.

Le SOPK favorise aussi le syndrome métabolique. À savoir un risque accru d’hypertension artérielle ou de plusieurs maladies cardiovasculaires, comme l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, l'AVC, etc.

💡 Bon à savoir : il existe un lien direct en IMC et infertilité. Ainsi, les femmes en surpoids ou obèses qui maigrissent peuvent devenir davantage fertiles. Sans oublier que la perte de poids réduit le risque de complications métaboliques associées au SOPK.

 

Les douleurs liées au SOPK

 

Le SOPK est souvent associé à des troubles du cycle ou des symptômes visibles comme l'acné. Mais il peut aussi être source de douleurs, parfois intenses.

  • Les règles douloureuses sont fréquentes chez les femmes atteintes de SOPK. Elles sont liées à l'accumulation de follicules immatures dans les ovaires en l'absence d'ovulation.
  • Des douleurs ovariennes peuvent aussi survenir pendant l'ovulation, les menstruations ou les rapports sexuels, dues à cette même accumulation de follicules immatures.
  • Des douleurs pelviennes chroniques, notamment en position debout prolongée ou durant les rapports sexuels. Ces douleurs sont en partie liées à l'inflammation chronique, un mécanisme fréquemment retrouvé dans le SOPK.

💡 Bon à savoir : Douleurs pelviennes et règles douloureuses ne sont pas l'apanage du SOPK. Ces symptômes peuvent aussi signaler une endométriose, une autre pathologie gynécologique fréquente. Si vos douleurs sont intenses ou invalidantes, parlez-en à votre médecin pour écarter d'autres causes.


Les autres symptômes du SOPK 


En plus des symptômes susmentionnés, le syndrome des ovaires polykystiques peut aussi se caractériser par : 

  • L’acanthosis nigricans (il s’agit de taches foncées sur la peau qui apparaissent à cause du taux d’insuline élevé) ; 
  • La fatigue accrue ; 
  • L’humeur dépressive et l’anxiété. 
  • Un risque accru de cancer de l’endomètre ; 
  • L’apnée du sommeil (d’autant plus marqué chez les femmes en surpoids).

 

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Il ne s’agit que des principaux symptômes du SOPK. En réalité, chaque femme ressent cette maladie de manière différente. Certaines subissent seulement un ou deux effets du syndrome des ovaires polykystiques, alors que d’autres les ressentent tous. De même, certaines femmes les subissent de manière modérée, alors que pour d’autres, cette maladie devient handicapante. Si tel est votre cas, prenez rendez-vous chez le médecin le plus rapidement possible. 

Bon à savoir : la plupart du temps, les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques apparaissent à la puberté, dès les premières règles. Mais certaines femmes voient les premiers effets de cette maladie à l’âge adulte. 


Comment diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiques ? 

 

Les critères de Rotterdam

 

C'est le consensus médical de référence depuis 2003. Pour diagnostiquer un SOPK, deux critères sur trois doivent être réunis, après exclusion d'autres pathologies :

  • Des troubles ovulatoires : cycles irréguliers, rares ou absents
  • Une hyperandrogénie : excès d'androgènes, détecté cliniquement (acné, hirsutisme, alopécie) et/ou biologiquement via une prise de sang
  • Des ovaires polykystiques à l'échographie : présence d'au moins 12 follicules de 2 à 9 mm par ovaire, et/ou un volume ovarien supérieur à 10 ml

 

Les examens prescrits

 

Une fois le SOPK suspecté, le médecin prescrit généralement plusieurs examens complémentaires.

Le bilan hormonal

C'est le premier examen réalisé, idéalement pendant les règles. Il permet de mesurer 

  • la FSH (hormone folliculo-stimulante) et la LH (hormone lutéinisante) : un ratio LH/FSH élevé est souvent retrouvé dans le SOPK
  • les androgènes : testostérone totale et libre, DHEAS
  • l'AMH (hormone anti-müllérienne) : souvent élevée en cas de SOPK, elle reflète le nombre de follicules
  • l'insuline à jeun :  pour détecter une éventuelle résistance à l'insuline

Le bilan métabolique

Il complète le bilan hormonal et vérifie la glycémie, le cholestérol et les triglycérides. Utile pour évaluer les risques métaboliques associés au SOPK.

L'échographie pelvienne transvaginale

Elle permet de visualiser les ovaires et de repérer les follicules immatures caractéristiques du SOPK. À noter : un aspect polykystique seul à l'échographie ne suffit pas à poser le diagnostic. Il faut toujours au moins un autre critère de Rotterdam.

💡 Bon à savoir Le diagnostic du SOPK peut prendre du temps. Certaines femmes consultent d'abord pour une infertilité ou une acné persistante, sans jamais relier ces symptômes entre eux. N'hésitez pas à en parler à votre médecin si vous vous reconnaissez dans plusieurs des signes décrits dans cet article.


Comment traiter le SOPK ? 


Il n'existe pas de traitement qui guérit le SOPK. Le traitement est uniquement symptomatique. Il est adapté à chaque femme et doit être suivi jusqu'à la ménopause. L'objectif est de corriger les symptômes et d'améliorer la qualité de vie au quotidien.

 

Les traitements médicaux

 

Le médecin adapte le traitement selon les symptômes prioritaires de chaque patiente.

Pour réguler le cycle et réduire l'hyperandrogénie (acné, pilosité excessive), une pilule œstroprogestative est souvent prescrite en première intention. Elle ne traite pas le SOPK en lui-même, mais atténue ses manifestations visibles.

En cas de résistance à l'insuline, la metformine (un médicament initialement utilisé pour le diabète de type 2) peut être prescrite. Elle améliore la sensibilité à l'insuline et contribue à rééquilibrer le profil hormonal.

Pour les femmes qui souhaitent tomber enceinte, des traitements d'induction de l'ovulation peuvent être proposés, comme le citrate de clomiphène. En cas d'échec, le médecin peut orienter vers une stimulation ovarienne par gonadotrophines ou une fécondation in vitro.

Sur le plan psychologique, un suivi est recommandé en cas d'anxiété ou de dépression, deux symptômes fréquemment associés au SOPK.

Enfin, dans les cas d'infertilité résistante aux traitements médicamenteux, une option chirurgicale peut être envisagée : le drilling ovarien, une technique cœlioscopique qui consiste à effectuer des micro-perforations dans la couche superficielle des ovaires afin d'obtenir des ovulations normales. Ce type de chirurgie permet un rétablissement des ovulations dans environ 50 % des cas. Il s'agit d'une intervention de dernier recours, proposée après échec des autres traitements.

Quant à l'ablation complète des ovaires, elle ne guérit pas le SOPK, car le syndrome affecte de nombreux organes et systèmes hormonaux différents au-delà des seuls ovaires.

Hygiène de vie

C'est souvent le premier levier recommandé, quel que soit le profil de la patiente. Et pour cause : les recommandations internationales placent les modifications du mode de vie au cœur de la prise en charge du SOPK, au même titre que les traitements médicamenteux. 

À commencer par l'alimentation à index glycémique bas : céréales complètes, légumineuses, légumes non féculents. Ces aliments libèrent leur énergie progressivement, évitant les pics d'insuline qui aggravent le déséquilibre hormonal.

À l'inverse, certains aliments sont à éviter en cas d'ovaires polykystiques liées à une insulinorésistance. C'est par exemple le cas du pain blanc, des sodas ou des sucreries, car eils aggravent la résistance à l'insuline. Les graisses saturées et trans favorisent l'inflammation chronique associée au SOPK. 

Cela dit, aucun aliment n'est à proscrire définitivement. Vous pouvez consommer avec modération des produits sucrés et transformés, de la viande rouges, de la charcuterie, des produits laitiers riches en matières grasses et des céréales raffinées.

Cette alimentation équilibrée est d'autant plus recommandée chez les femmes en surpoids. Et pour cause, une perte de poids, même modeste, peut améliorer les symptômes du SOPK : régularisation des cycles, diminution de l'hyperandrogénie, amélioration de la fertilité. L'objectif n'est pas d'atteindre un poids idéal, mais de trouver un équilibre durable, sans régime restrictif.

 

L'acupuncture

 

Certaines femmes atteintes du SOPK se tournent vers l'acupuncture comme approche complémentaire. Mais ce n'est pas une méthode miracle non plus. Selon plusieurs études, il n'y a peu ou pas d'effet démontré sur les taux d'ovulation, de grossesse ou de naissances vivantes chez les femmes atteintes de SOPK.

En revanche, certaines patientes rapportent une amélioration de leur bien-être général et une réduction du stress. Ce qui peut indirectement soutenir l'équilibre hormonal. Si vous souhaitez explorer cette piste, parlez-en à votre médecin pour l'intégrer dans un parcours de soin global, et non en substitut aux traitements prescrits.

En savoir plus sur les maladies gynécologiques : 

 




Sources :

  • Ameli : Syndrome des ovaires polykystiques. - Consulter
  • Inserm : Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) - Consulter
  • MSD Manuals : Syndrome des ovaires polykystiques : Symptômes, causes et traitements - Consulter 
  • Journal of Ovarian research : Insulin resistance in SOPK - Consulter 





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