Polype utérin : Causes, symptôme, diagnostic et traitement

Polype utérin : Causes, symptôme, diagnostic et traitement

Touchant 2 à 5 % des femmes, le polype utérin est une excroissance relativement fréquente. Et même s’il peut faire peur, il s’agit, le plus souvent, d’une tumeur bénigne sans danger sur la santé des femmes qui en souffrent. Découvrez en détail les causes de cette anomalie, ses symptômes les plus fréquents, son diagnostic et ses traitements. 


C’est quoi un polype utérin ?


Le polype est une excroissance qui se développe dans l’utérus, plus précisément dans l’endomètre (la paroi interne de l’utérus). Cette excroissance peut prendre différentes formes et tailles : il peut mesurer quelques millimètres ou centimètres, être unique ou multiple, se développer au niveau du col de l’utérus, à proximité des trompes de Fallope ou bien au cœur même de l’utérus. 

Quel que soit sa taille, son emplacement ou sa quantité, cette tumeur est la plupart du temps bénigne. C’est-à-dire, non cancéreuse. Une très faible minorité (moins de 5% des polypes utérins) débouche vers un cancer de l’endomètre (l’un des cancers gynécologiques présentant le meilleur pronostic de guérison). Cependant, comme ils affectent l’endomètre, les polypes utérins peuvent être une cause d’infertilité ou de fausse couche. 

Bon à savoir : Fibrome et polype utérin sont deux tumeurs bénignes qui apparaissent au niveau de l’utérus. Pourtant, il s’agit bien de deux pathologies différentes. Et ce, à plusieurs niveaux : 

  • Le fibrome utérin est composé de tissus musculaires du myomètre, alors que le polype est composé de tissu endométrial.
  • Le fibrome est nettement plus gros que le polype. Il peut facilement mesurer une dizaine de centimètres de diamètre, alors que le polype ne dépasse pas 2 ou 3 centimètres. 
  • Contrairement au fibrome, le polype de l’utérus peut se résorber totalement. 
  • Le fibrome peut déformer l’utérus et créer une sensation de ventre gonflé, ce qui n’est pas le cas du polype utérin.

Quelles sont les causes du polype utérin ? 


Touchant entre 2 à 5 % de la population, il se développe principalement chez les femmes ménopausées. Dans ce cas, ils sont dus à une élévation inhabituelle du niveau d’œstrogènes. Or, cette hormone féminine a justement pour effet de stimuler la muqueuse utérine. C’est très pratique pour les femmes en âge de procréer, car l’endomètre permet à l’ovule fécondé de s’implanter et de se développer. À défaut de fécondation, la muqueuse utérine se décompose et est évacuée via les flux menstruels. 

Mais chez les femmes ménopausées, une stimulation anormale de l’endomètre favorise le développement des polypes. D’autant plus qu’il n’y a plus de menstrues pour évacuer les résidus de la paroi utérine. Alors pourquoi le taux d’oestrogènes grimpe en flèche à cette époque de la vie des femmes ? Le plus souvent, cette surproduction d'oestrogènes est liée à un traitement hormonal substitutif (THS) mal équilibré. C'est-à-dire que le niveau de progestérone est insuffisant pour compenser les œstrogènes. 

Mais d’autres facteurs peuvent favoriser l’apparition de cette tumeur hormono-dépendantes : 

  • L’obésité : la production d’oestrogènes est plus importante chez les personnes en surpoids. 
  • Le syndrome métabolique : comme l’hypertension, le diabète, ou l’hypercholestérolémie favorise la sécrétion d'oestrogènes. Et par là même  le développement de polypes et de l’hyperplasie endométriale 
  • Les médicaments anti-hormonaux (tamoxifène): c’est le traitement prescrit en cas de cancer du sein. Ces médicaments restent nécessaires pour soigner la maladie. Il conviendra cependant de bien surveiller le développement de la muqueuse utérine. 

Ces facteurs aggravants peuvent aussi expliquer l’apparition de polypes utérins chez les femmes non ménopausées (même si les cas sont beaucoup plus rares). 

 

polype col uterus 


Quels sont les symptômes ? 


Bien souvent, les polypes du col de l’utérus sont asymptomatiques. Vous ne ressentirez donc aucun effet de cette tumeur bénigne. Cependant, certaines femmes ressentent quelques symptômes, parmi lesquels : 

De manière générale,  les saignements vaginaux sont les premiers signaux d’alerte d’un polype utérin (en particulier si vous êtes ménopausée). Alors si vous les constatez, n’hésitez pas à consulter un médecin ou un gynécologue. Mais en attendant, n’oubliez pas votre culotte menstruelle pour contenir ces écoulements sanguins. 


Comment diagnostiquer et traiter le polype du col de l’utérus ? 


Comme le polype utérin est souvent asymptomatique, il est plus difficile de le diagnostiquer. La plupart du temps, il est détecté lors d’un examen gynécologique de routine (frottis vaginal), d'une échographie ou d’un bilan de fertilité.

Pour confirmer le diagnostic, le médecin ou le gynécologue devra réaliser une hystéroscopie. L’ablation par hystéroscopie est aussi la méthode la plus efficace pour venir à bout des polypes utérins. Il s’agit d’un examen pelvien permettant de visualiser l’intérieur de l’utérus à l’aide d’une mini caméra et de petits ciseaux. Dans un premier temps, le professionnel de santé pourra mesurer les polypes, identifier la présence d’une ou plusieurs excroissances et vérifier leur aspect. Ensuite, il pourra couper et retirer le polype grâce à ses micro-instruments. 

Rassurez-vous, c’est une procédure indolore. Aucun anesthésiant n’est donc nécessaire, sauf si le polype est volumineux (ou s’ils sont vraiment nombreux). 

Sachez toutefois que des saignements peuvent apparaître après l’ablation. Pour les contenir, votre médecin pourra vous prescrire une substance caustique à appliquer sur la zone affectée grâce à un coton-tige. Et si les saignements persistent, une biopsie est réalisée afin d’écarter ou non la présence d’un cancer de l’endomètre. 

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