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Les règles affectent-elles les performances cognitives ?

Les règles affectent-elles les performances cognitives ?

Les règles font-elles vraiment “buguer” le cerveau ? On entend encore que les femmes seraient moins performantes intellectuellement à certaines périodes du cycle. Rassurez-vous, ce n’est pas ce que dit la science. Les recherches montrent que les capacités cognitives restent globalement stables pendant les règles. Mais cela n’empêche pas certaines femmes de se sentir plus fatiguées ou moins concentrées. Décortiquons le lien entre règles et performances cognitives. 


L’évolution des performances cognitives pendant les règles - Que dit la recherche ? 


L’absence de baisse cognitive généralisée


Les règles affectent-elles les performances cognitives ? À l’échelle globale, la réponse est plutôt non. En effet, une grande méta-analyse publiée en 2023 (1), qui a regroupé les données de dizaines d’études portant sur des milliers de femmes, n’a pas retrouvé de baisse significative des performances cognitives au cours du cycle menstruel. Mémoire, attention, capacités verbales, rotation mentale… Les scores restent globalement stables d’une phase à l’autre, y compris pendant les règles.

Autrement dit, il n’y a pas de “chute générale” du cerveau pendant les menstruations. Pas de perte d’intelligence. Pas de diminution automatique des capacités intellectuelles.

Cela ne veut pas dire que vous ne ressentez rien. Mais sur des tests standardisés, en laboratoire, les différences observées sont minimes ou inexistantes.


Des effets ponctuels ou contextuels


Pourtant, certaines études affirment haut et fort que les règles affectent les performances cognitives des femmes. Que ce soit positivement ou négativement. 

Alors pourquoi de telles différences ? 

Parce que toutes les études ne regardent pas la même chose. 

Chez Mademoiselle, on s’est intéressée à deux études parlantes : 

  • Etude de l’Institut du sport, de l’exercice et de la santé (ISEH) de l’UCL - 2024 (2) : chez les sportives, des variations de vigilance ou de rapidité de traitement à certaines phases du cycle. Dans certains contextes très précis, les performances cognitives peuvent même être légèrement meilleures pendant les règles.
  • Etude de Max Planck Institute for Human Cognitive and Brain Sciences - 2023 (3): des travaux en imagerie cérébrale ont mis en évidence des modifications de la structure ou de la connectivité du cerveau au fil du cycle. Le volume de certaines zones peut varier sous l’effet des hormones. Mais attention, variation ne veut pas dire baisse. Un cerveau qui change n’est pas un cerveau moins performant.

Ces études montrent surtout que le cycle menstruel est dynamique. Il influence l’organisme. Le cerveau aussi. Mais cela ne se traduit pas automatiquement par une diminution des capacités intellectuelles dans la vie quotidienne.


performances cognitives pendant les règles

 

Pourquoi vous sentez-vous “moins performante”pendant les règles ? 


Les études sont rassurantes. Elles ne montrent pas de baisse cognitive généralisée.Mais vous, dans la vraie vie, vous pouvez pourtant avoir l’impression d’être moins concentrée, moins rapide, moins efficace. Alors pourquoi une telle différence ? Car les tests mesurent des capacités “pures”. Votre quotidien, lui, dépend aussi de votre énergie, de votre confort et de votre charge mentale.


La douleur prend de la place dans votre esprit


Quand vous avez des crampes, des maux de tête ou des douleurs lombaires, votre cerveau mobilise des ressources pour gérer ça. La douleur menstruelle capte l’attention. Elle fatigue. Elle diminue la disponibilité mentale.

Ce n’est pas que vous êtes moins capable. C’est que votre cerveau a déjà un dossier urgent à traiter.


Le manque de sommeil change tout


Pendant les règles, certaines femmes dorment moins bien ; douleurs nocturnes, sensation d’inconfort, réveils plus fréquents, … Or, le sommeil joue un rôle majeur dans la mémoire et la concentration. Une seule mauvaise nuit peut suffire à créer une sensation de brouillard mental. Et là encore, ce n’est pas hormonal au sens “déficit intellectuel”. C’est physiologique.

Fatigue = moins de clarté.


Le stress et la charge mentale amplifient la sensation


Les règles arrivent souvent avec leur lot d’émotions plus intenses : irritabilité, hypersensibilité, baisse de motivation. Ajoutez à cela le travail, les responsabilités, la vie sociale.

Même si vos capacités cognitives restent intactes, votre disponibilité mentale peut diminuer. Vous vous sentez plus vite saturée. Et cette saturation peut être interprétée comme une “baisse de performance”.


Les règles abondantes et la fatigue


Si vos règles sont très abondantes, la fatigue peut être plus marquée. Une perte de fer répétée peut entraîner une sensation d’épuisement, des difficultés d’attention ou des trous de mémoire légers.

Dans ce cas, ce n’est pas le cycle en lui-même qui affecte le cerveau. C’est la fatigue associée.

Alors non, vos capacités intellectuelles ne chutent pas pendant vos règles. Mais votre confort, votre sommeil et votre niveau d’énergie peuvent varier. Et cela suffit à modifier votre ressenti.


À lire aussi : 


Comment préserver votre clarté mentale pendant les règles ? 


On l’a vu. Ce n’est pas votre intelligence qui baisse. Mais la douleur, la fatigue ou le stress peuvent brouiller votre esprit. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez agir dessus. 

 

Plan anti-douleur = plan anti-brouillard


La douleur monopolise l’attention. Donc, moins vous avez mal, plus votre esprit est disponible.

Vous pouvez tester des approches simples :

  • Bouillotte sur le bas-ventre ou le bas du dos.
  • Étirements doux ou marche légère pour relancer la circulation.
  • Respiration lente pour diminuer la tension musculaire.
  • Le yoga doux ou l’auto-massage abdominal.

Si la douleur est intense ou inhabituelle, ne la minimisez pas. Des règles très douloureuses ne sont pas normales. Parlez-en à un professionnel de santé si besoin.

Et bien sûr, portez une culotte menstruelle pour éviter de surcharger votre cerveau avec les galères des protections hygiéniques.

Sommeil et récupération


Une nuit moyenne suffit à créer ce fameux “brouillard”. Pendant vos règles, visez surtout la régularité : couchez-vous à heure stable, réduisez la lumière vive le soir, évitez les écrans juste avant de dormir si possible.

Si la fatigue est là en journée, une sieste courte de 15 à 20 minutes peut vraiment aider. Pas plus. Sinon, vous risquez d’alourdir la soirée.

Le but, c’est d’éviter l’accumulation de dette de sommeil.


Alimentation et hydratation 


Pas besoin de régime spécial règles.

Mais quelques repères simples peuvent soutenir votre énergie :

  • Boire régulièrement, même sans soif marquée.
  • Manger à heures à peu près fixes pour éviter les coups de barre.
  • Privilégier des repas complets qui rassasient vraiment.

Si vos règles sont abondantes et que la fatigue revient chaque mois, un point sur le fer peut être utile. Une carence peut accentuer les difficultés de concentration.


Organisation simplifiée 


Certaines phases du cycle donnent plus d’élan. D’autres sont plus calmes. Au lieu de lutter contre ça, vous pouvez adapter votre charge mentale : 

  • Planifier les tâches très exigeantes quand vous vous sentez plus dynamique. 
  • Garder les tâches plus mécaniques ou administratives quand l’énergie est plus basse.

Si c’est possible, évitez de surcharger vos journées les plus sensibles. 

Et surtout, ne confondez pas baisse d’énergie et baisse de performance cognitive pendant les règles. Ce n’est pas la même chose.




Sources : 

1 - Nature : Reproducible stability of verbal and spatial functions along the menstrual cycle - Consulter 

2 - Science Direct : Attentional, anticipatory and spatial cognition fluctuate throughout the menstrual cycle: Potential implications for female sport - Consulter 

3 - Nature : Ultra-high-field 7T MRI reveals changes in human medial temporal lobe volume in female adults during menstrual cycle -  Consulter 




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