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Précarité menstruelle - Comment s’en sortir ?
1 femme sur 3 est victime de précarité menstruelle. Partout dans le monde, les règles continuent de creuser les inégalités. Et pas seulement au niveau des mentalités. Le porte-monnaie des femmes souffre aussi de cette réalité. Alors comment réduire la précarité menstruelle ? Voici quelques solutions.
C’est quoi la précarité menstruelle ?
La précarité menstruelle désigne la difficulté à se procurer des protections hygiéniques adéquates faute de ressources financières suffisantes. Et comme les règles, ce n’est pas juste du sang qui coule, la précarité menstruelle peut aussi englober les anti-douleurs ou les vêtements de rechange.
Cette précarité vient s'ajouter aux difficultés économiques et sociales déjà vécues par les personnes les plus vulnérables. Concrètement, ça veut dire devoir choisir : entre un paquet de protections et un plein de courses ou entre une consultation médicale et une facture à payer.
Pour y faire face, certaines femmes pratiquent le flux instinctif libre de manière approximative. Elles ajoutent des bouts de chiffons plus ou moins propres au niveau de leurs parties intimes. Mais ces solutions peuvent aussi nuire à leur santé ou leur propre estime. Alors comment permettre à toutes les femmes de mieux vivre leurs règles ? Voici quelques pistes.
Quels sont les chiffres sur la précarité menstruelle ?
La précarité menstruelle en France
A priori, on pourrait penser que la précarité menstruelle touche principalement les pays les plus pauvres. Et pourtant, en France, 1 femme menstruée sur 3 manque de protection périodique. Soit 2,4 millions de femmes. C’est énorme ! Bien souvent, il s’agit de jeunes femmes, et notamment des étudiantes qui peinent à vivre confortablement pendant leurs études. Une enquête FAGE et ANESF montre que 33 % des étudiantes ont du mal à financer leurs protections, et 13 % doivent carrément choisir entre celles-ci et un autre besoin essentiel.
Mais cela concerne aussi des femmes en situation de handicap, des femmes incarcérées, des migrantes, des travailleuses du sexe, des personnes transgenres, … La précarité menstruelle représente alors un obstacle supplémentaire pour toutes celles qui connaissent déjà de nombreuses difficultés au quotidien.
La précarité menstruelle dans le monde
Plus de 500 millions de filles et de femmes vivent aujourd'hui en situation de précarité menstruelle à travers le monde. Et là encore, ce n'est pas réservé aux pays en développement.
- Aux États-Unis, 1 adolescente sur 4 et 1 adulte sur 3 ont du mal à se payer des produits menstruels, en particulier les adolescentes racisées et les ménages à faible revenu.
- Au Royaume-Uni, 3 filles sur 10 ont du mal à se payer des produits menstruels ou à y avoir accès. Plus de la moitié d'entre elles utilisaient du papier toilette à la place.
Quand les filles ne peuvent pas gérer correctement leurs règles à l'école, leur fréquentation et leurs résultats scolaires en souffrent. En Afrique subsaharienne, une fille sur dix ne va pas à l'école pendant son cycle menstruel, ce qui représenterait jusqu'à 20 % du temps scolaire perdu sur une année.
Face à ce constat, certains pays ont pris de l'avance. L'Écosse a ouvert la voie. Depuis le 15 août 2022, la loi écossaise "Period Products (Free Provision) (Scotland) Act" oblige les collectivités locales, les établissements scolaires et certains services publics à garantir un accès gratuit aux protections périodiques. Une première mondiale à cette échelle.
💡 Bon à savoir : l'accès limité à des moyens sécurisés de gérer son hygiène menstruelle limite aussi les opportunités professionnelles des femmes, qui peuvent renoncer à certains emplois ou sacrifier des heures de travail. Les conséquences de la précarité menstruelle touche tous les pans de la vie des femmes.
Quelles sont les causes de la précarité menstruelle ?
Le poids économique et la taxe rose
En France, le coût des protections hygiéniques périodiques représente en moyenne entre 3 et 7 euros par mois pour une femme. Une dépense récurrente, contrainte, qui touche exclusivement les personnes menstruées.
Longtemps, ces produits ont même été taxés comme des biens de luxe. Ce n'est qu'en 2016 que la TVA sur les protections hygiéniques périodiques est passée de 20 % à 5,5 %, les faisant enfin entrer dans la catégorie des produits de première nécessité. Ce taux réduit de 5,5 % s'applique aujourd'hui aux produits de protection hygiénique féminine, au même titre que les denrées alimentaires. Une avancée, mais qui ne suffit pas à elle seule à rendre ces produits accessibles à toutes.
Le tabou autour des règles
Encore trop souvent, les règles sont considérées comme sales, donc personne n’ose pas en parler. Et pourtant, il n’y a rien de plus naturel. C’est grâce aux menstruations que les femmes sont capables de donner la vie.
Il est grand temps d’en finir avec ce tabou autour des règles et sa communication, Mademoiselle Culotte entend justement démocratiser les conversations autour des règles. Nous sommes libres d’en parler librement, il n’y a aucune honte à avoir.
Le manque d'accès à l'information et aux structures sanitaires
Rendre les règles vivables suppose des protections adaptées et sûres, mais aussi des installations sanitaires appropriées, pour que les personnes menstruées puissent jouir pleinement de leur droit à la dignité, à la santé, à l'eau et à l'assainissement.
Ce manque touche particulièrement certains publics. Les personnes en situation de handicap, incarcérées, migrantes, ou les travailleuses du sexe cumulent souvent plusieurs obstacles dans la gestion de leur santé et de leur hygiène menstruelle.

Quelles solutions pour lutter contre la précarité menstruelle ?
La précarité menstruelle étant un véritable fléau pour les femmes du monde entier, il est temps de trouver des solutions pour l'éradiquer.
L'action du gouvernement
Depuis quelques années, le gouvernement commence enfin à comprendre la problématique des protections menstruelles. Ce produit de première nécessité continue de creuser l’écart entre les hommes et les femmes au 21è siècle.
Ainsi, l'État a renforcé son action à travers plusieurs initiatives :
- Plus de 11 millions de protections périodiques ont été distribuées gratuitement en 2023 dans les épiceries sociales et solidaires, les épiceries étudiantes et les centres d'hébergement, pour un budget de 4,7 millions d'euros en 2024.
- Côté étudiantes, le ministère de l'Enseignement supérieur a permis de distribuer 12 millions de protections et d'installer 1 036 distributeurs gratuits, dont 319 en restauration universitaire et 717 en résidence
Le remboursement des protections réutilisables
C'est surtout au niveau législtative que les choses changent. D'abord avec la loi de financement de la Sécurité sociale 2024 impose la gratuité des protections hygiéniques réutilisables.
Cela concerne uniquement les femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la protection complémentaire santé solidaire (C2S), soit 6,7 millions de femmes. Même si la loi n’est pas encore généralisée à toutes les femmes, c’est déjà un bon début, puisqu'elle vient en aide aux femmes les plus susceptibles de souffrir de précarité menstruelle en France. Concrètement, les femmes peuvent bénéficier d’un remboursement intégral de la part de l’assurance maladie et de la complémentaire santé pour les moins de 26 ans.
Et en 2026, une nouvelle étape vient d'être franchie. Le décret n° 2026-288, publié au le 18 avril 2026, élargit la prise en charge par l'assurance maladie des protections périodiques réutilisables, avec une entrée en vigueur à la rentrée universitaire 2026. La prise en charge des culottes et coupes menstruelles devient possible pour les produits délivrés en pharmacie. Pour celles qui préfèrent acheter leur culotte menstruelle directement en pharmacie, ça évite de faire l'avance de frais puis attendre un remboursement.
À noter que cette loi ne concerne que les protections hygiéniques réutilisables. Autrement dit, les culottes menstruelles, les cups et les serviettes réutilisables. Pour ce qui est des tampons et serviettes jetables, aucune procédure de remboursement n’est prévue. Et c’est tant mieux !
Outre le remboursement prévu par le gouvernement, il existe d’autres manières de bénéficier de la gratuité des culottes menstruelles. Par exemple les mutuelles, comme la LMDE, puis la mutuelle Heyme, SMERRA et la Mutualité Chrétienne.
Les associations engagées contre la précarité menstruelle
Sur le terrain, plusieurs associations comblent ce que la loi ne couvre pas encore. La plus connue s'appelle Règles Élémentaires. Fondée en 2015 après le constat que rien n'était proposé en France aux femmes dans le besoin, l'association organise des collectes de protections périodiques, redistribuées par des structures partenaires. Au total, plus de 5 millions de protections ont déjà été distribuées à plus de 457 500 bénéficiaires, grâce à un réseau de plus de 400 associations partenaires.
Son action ne s'arrête pas à la collecte. Règles Élémentaires mène aussi des actions de sensibilisation et de formation auprès des jeunes, des professionnels et des collectivités, pour faire reculer le tabou des règles.
D'autres acteurs s'organisent en parallèle : Médecins du Monde distribue des protections lors de maraudes et dans les épiceries sociales et solidaires, et de nombreuses mairies mettent en place des points de collecte ou de distribution à l'échelle locale.
Les culottes menstruelles, une protection hygiénique économique
Le problème des protections hygiéniques, c’est qu’elle représente une dépense régulière. Tous les mois, les femmes doivent acheter des tampons ou des serviettes pour résorber les fuites. Comme c’est une dépense exclusivement féminine, la taxe rose contribue directement à l’inégalité entre les hommes et les femmes.
Heureusement, avec les culottes menstruelles et autres protections hygiéniques réutilisables, il n’est plus nécessaire de réitérer la dépense tous les mois. Après le premier achat, les femmes n’ont plus à se préoccuper à acheter des serviettes ou des tampons aussi régulièrement.
Mais avant cela, elles doivent évidemment acheter un lot de culottes menstruelles. Ce qui représente un investissement pour celles qui ne bénéficient pas du remboursement. C’est pourquoi Mademoiselle Culotte propose plusieurs solutions de paiement :
- Le paiement en X fois sans frais pour alléger la première facture ;
- Les modèles offerts pour chaque culotte achetée ;
- La réduction pour une première commande.
Avec ces codes promos, vous pourrez enfin bénéficier d’une protection hygiénique économique.
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